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L’IA et son économie fascinante, circulaire et presque consanguine.

  • Photo du rédacteur: Laurant Weill
    Laurant Weill
  • 5 févr.
  • 2 min de lecture


Pour comprendre ce qui se joue actuellement entre Nvidia, Microsoft, Tesla, OpenAI et xAI, il faut oublier les manuels d’économie classiques. Bienvenue dans l’ère du financement circulaire.

Voici comment fonctionne cette boucle vertigineuse, pourquoi elle fascine, et pourquoi elle inquiète.

 

La boucle : comment fabriquer sa propre croissance

Le mécanisme n’est pas nouveau, mais son ampleur est inédite.

Une entreprise dominante (par exemple Nvidia ou Microsoft) investit des milliards dans une startup d’IA (OpenAI, xAI, etc.).

Cette startup utilise ensuite cet argent pour acheter, très cher, les puces, le cloud ou l’infrastructure… de son investisseur.

L’argent revient donc à l’entreprise sous forme de chiffre d’affaires, ce qui gonfle à la fois ses résultats et son cours de bourse. De plus elle obtient une participation dans la startup, donc la valorisation augmente elle aussi.

 

Est-ce une pyramide de Ponzi ?

Non, et c’est une différence fondamentale. Il y a un vrai produit.

Ces milliards financent des infrastructures physiques bien réelles. Le cluster Colossus de xAI existe. Les GPU existent. Les data centers sortent de terre. Les modèles d’IA, comme Grok ou GPT, fonctionnent et sont utilisés.

On parle donc plutôt de vendor financing (financement fournisseur) sous stéroïdes, ou de round-tripping, un mécanisme déjà observé lors de la bulle Internet des années 2000, avec des cas emblématiques comme Enron ou Lucent.

 

La machine peut-elle surchauffer ?

Le risque principal est celui de la soutenabilité économique.

Des revenus encore faiblesDes sommes colossales sont engagées pour des revenus qui restent modestes. On estime que d’ici 2027, les engagements d’infrastructure d’OpenAI (envers Oracle, Nvidia, etc.) pourraient dépasser 100 milliards de dollars, pour des revenus estimés autour de 29 milliards. On est très loin d’un modèle profitable.


Une obsolescence fulguranteLes puces se déprécient à une vitesse extrême. xAI loue des GPU Nvidia via des structures de dette afin d’éviter de les porter à son bilan. Si la hype retombe ou si une nouvelle génération de puces rend les précédentes obsolètes en deux ou trois ans, la valeur du collatéral peut s’effondrer.

Une dépendance critiqueSi un maillon clé de la chaîne, par exemple une startup majeure, n’arrive plus à lever des fonds, c’est tout le carnet de commandes qui peut se bloquer brutalement.


L’audace est inspirante. La prudence est respirante.



 
 
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